Constituée de nos corps enlacés
Terre isolée de lumière et d'ombres
Il mêle en son graal nos deux destinées
Rêvant chacune d'être le feu et l'onde
J'aime le voir comme un havre de paix
Havre de mai où fleurissent nos désirs
J'aime aussi voir son mât ivre tanguer
Quand nos egos calcinés se déchirent
Et puis vacillent pour se réconcilier
Nacelle fragile et toujours à vendre
Quand ses bras se refusent à tout autre lien
Que la force et le courage de s'entendre
Voilier bleu bravant les temps incertains
Laisse les flots amoureux nous surprendre
Paysage de Gauguin où s'enfantent
Tant de rêves remontés des eaux troubles
Du lac. Molleton soyeux où déchantent
Les cauchemars que toi seul oh couple
Parviens à calmer d'une voix rassurante
But ultime? Leurre intime ? En toi la mer
Vient refluer ses doutes et ses espoirs
Reviens, non, pars! Couple, phare de mystère
Quelle coupe cruelle tu nous as fait boire?
Quel enivrement que ton vin amer!
Quand dans notre univers lisse glissent
Sur tous ces écrans nos seuls doigts vivants
Tu es l'unique lieu où se tissent
Encore les peaux; où l'on pisse où l'on sent
L'odeur des fluides et des reins qui se hissent
Mais couple, tu vis aussi de moins d'éclats
Dans le silence feutré de ces moments
De rien. Quand il pleut dehors sur les toits
Et que sans fard, sans histoire, doucement
Je me blottis à tes soirs un peu las
Cathy De Plée - Juin 2018
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