Sa présence est feutrée
Presque imperceptible
Dans cette même pièce
Où je danse, lis
Et regarde la télé
Il est là
Derrière son pc
Caché par sa grande chaise
Qui lui sert de rempart et de bouclier
Quasi toute la journée
Calme et fidèle
A l'image de l'homme discret qu'il est
Il habite son monde
Sans paroles et sans gestes
Héroïquement muet
Quelques fois il se lève, d'un trait
Pour aller pisser
Ou grignoter
Pendant quelques secondes
Un chips ou du saucisson sec
Qu'il a finement coupé
Puis il retourne à son périmètre
Emmenant avec lui
Un verre de coca ou d'ice-tea
Qu'il boit à petites gorgées
De ses mains invisibles
Moi, voisinant sa tour invincible
J'ai parfois envie de crier
De me jeter contre ce mur de silence
Et de faire éclater cette bulle
Dont il me tient
Si hermétiquement éloignée
Et parfois je le fais
Sans conscience
Echevelée
Pour regretter, quelques minutes après
D'avoir déversé tant de mots
Simplement pour calmer
Cette terrible angoisse
D'être de lui inexorablement séparée
Alors l'air un peu penaud
Je retourne à ma danse,
A mes livres, ou à mes rêves d'oiseaux
Et je tâche de savourer
Sa paisible présence
Et ces étranges moments à deux
Tout cerclés de silence
Juillet 2018 - Cathy De Plée
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