Si je devais rester à mille mètres de chez moi
Confinée pour toujours, plutôt que parcourir
mon regard plongerait et excaverait l'endroit
de l'envers qu'il n'avait jamais su découvrir
Fléchissant son désir, il fouillerait les sols
qu'il ne fit autrefois non voyant que fouler
Centuplant le détail traînant dans une rigole
Il redonnerait la vue aux marches fatiguées
Le temps aurait le rythme d'une place du midi
où s'écouleraient tranquilles les actes attendus
A la fontaine goutterait le chrono allangui
des vas et viens dociles des voisins bien connus
Je repasserais sans doute même mes taies d'oreiller
soignant le moindre plis au fer doux d'une caresse
Que mes gestes retrouveraient l'art de s'étirer
dans l'espace amplifié d'une sereine ivresse
Bien sûr la nostalgie des horizons nouveaux
m'étranglerait souvent, je ne suis pas si sage
Mais je suppose qu'avec le temps c'est vers le haut
Que mes yeux dans les étoiles creuseraient leurs sillages
Cathy De Plée - Mars 2020
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