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Les premiers froids

Les premiers froids tombent sur la ville
Dans la rue les gens se font discrets
Le dos courbé, le pas servile,
Les yeux bas, ils savent où aller

Les premiers froids sentent le travail
Le café chaud dans les bureaux
L'odeur de soupe qui vous entaille
L'estomac vide, il est si tôt

Ils tombent comme un voile alourdi
Qui vous enveloppe dans une écharpe
Dehors il fait toujours nuit
On parle bas, la lune se tarde

Les rues s'éclairent aux réverbères
Les tentures s'ouvrent sur le jour noir
Les fenêtres brillent comme hier soir
Sauf que bientôt il fera clair

Ce moment là surprend toujours
Les lampes s'éteignent sans rien nous dire
Pour passer le flambeau au jour
Qui s'est levé sans prévenir

Les bouches se prolongent en fumée
Comme la vague souffle son écume
Et le silence accueille inquiet
Dans l'air épais ces cris de brumes

Les premiers froids annoncent la suite
Les cols roulés, les arbres blancs
Certains aimeraient prendre la fuite
Moi étrangement je les attends

Octobre 2015 - Cathy De Plée

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