Pages

Vue de Florence

Il y a du monde sur l'esplanade
De San Miniato al Monte

Les couples en balade
Sont venus diluer les dernières heures de l'été
Dans les couleurs orangées de la ville

La ville chère et altière
La ville peinte et sculptée
Que tous locaux touristes étrangers sont venus admirer
Depuis les hauteurs de l'ancien monastère

Un homme la soixantaine d'origine africaine
Est assis sur un banc

Les bras ballants il regarde
Et dans son regard je lis
Toute l'inspiration du poète
Tout l'émerveillement de l'enfant
Toute la béatitude du croyant

Bouleversé par la beauté du paysage

La lumière soupire

L'air encore doux relie chacun de nous
Dans ce moment fervent
Qu'on voudrait ne jamais oublier

Florence est un rendez-vous
Avec la vie idéale

Un rendez-vous
Que tout être humain
Rêve de s'offrir ou de partager
Avec une personne chère et aimée

Au moins une fois dans sa vie

Désarmé
Qui qu'on soit
On est là médusé parmi la foule
Nostalgique
De ce qui sent déjà  la fin
D'un moment d'exception

Toute cette grandeur
Toute cette émotion
Qui me barraient la gorge à en pleurer
Sur l'Esplanade de San Miniato al Monte

Et bien je les ai vues ce soir là
Non dans l'apogée étincelante
Des nervures du dôme

Mais dans les yeux tristes et profonds
De ce vieil Africain
Et de tous ces inconnus rassemblés

Assis sur leur banc
Ou debout enlacés
Ils regardaient comme moi
Florence

Florence
Qui s'en allait au loin
Dans une vision intense
Vers l'horizon immense
D'un pays rêvé d'où personne ne revient


Cathy De Plée - Novembre 2018 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire